Le mois d’octobre 2026, que ce soit en Serbie, au Brésil ou maintenant aux États-Unis (en ce début Novembre), nous avons vu un sursaut du centre et de la gauche, un sursaut contre la montée massive de l’extrême droite, portée par des partis qui ont longtemps été au pouvoir ou qui ont expérimenté le pouvoir il n’y a pas si longtemps. Cette séquence politique est notamment menée par la jeunesse, les lycéens, les étudiants et les universitaires, qui disent stop et donnent le ton pour le futur. Une jeunesse qui lutte dans les urnes contre les forces d’extrême droite.

En Serbie, après plus de 14 ans de règne sans partage, le Parti progressiste serbe (SNS) perd les élections législatives face à la liste étudiante. Cette dernière obtient 52,71 % des suffrages, soit 140 sièges sur les 250 que compte le Parlement, contre 39,17 % et 104 sièges pour la coalition menée par le SNS. Dans un contexte mondial où la jeunesse exprime de plus en plus sa colère, cette victoire électorale constitue un symbole fort et un véritable signe d’espoir.
Un mouvement étudiant qui a pris forme après la tragédie de Novi Sad, en Serbie, où l’effondrement de l’auvent de la gare a provoqué la mort de plusieurs personnes. Une mobilisation qui a duré près de deux ans et qui a conduit à la mise en place d’une liste étudiante sans hiérarchie traditionnelle ni leader unique, avec l’ambition de représenter le peuple serbe.
Au Brésil, alors que beaucoup donnaient Flávio Bolsonaro gagnant du 1er tour de l’élection présidentielle, où il devançait Lula de quelques points (47,03 % contre 45,16 %), Luiz Inácio Lula da Silva remporte finalement le scrutin avec 51,79 % des suffrages, soit plus de 64,2 millions de voix, contre 48,21 % pour son adversaire. L’homme de gauche, figure politique incontournable du pays, a une nouvelle fois empêché le Brésil de sombrer dans l’extrême droite.

Alors que, pendant plus d’un an, les candidats de droite et d’extrême droite avaient remporté plusieurs élections organisées en Amérique latine, comme ce fut le cas au Chili avec José Antonio Kast, au Pérou avec Keiko Fujimori, en Équateur avec Daniel Noboa et en Colombie avec Abelardo de la Espriella.
Aux États-Unis, les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 montrent une large victoire des démocrates et un recul important du camp républicain de Donald Trump. Les démocrates reprennent le contrôle des deux chambres du Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat. Au Sénat, ils remportent sept sièges précédemment détenus par les républicains, dans les États de l’Iowa, du Kansas, du Maine, de la Caroline du Nord, de l’Ohio, de la Caroline du Sud et du Texas.

Du côté des élections des gouverneurs, les démocrates réalisent également une percée en remportant quatre États jusque-là dirigés par des républicains : la Géorgie, l’Iowa, l’Ohio et le Texas. Une véritable défaite pour le camp de Trump, qui voit son influence reculer jusque dans des territoires traditionnellement acquis aux républicains.
Un désaveu croissant de la politique menée par Trump, marquée par des années de discrimination, de xénophobie et de racisme, mais aussi par la dégradation des conditions de vie de nombreux Américains. Avec une majorité démocrate au Congrès, les deux dernières années du mandat de Donald Trump pourraient être profondément bouleversées.
Ces trois événements montrent-ils que le vent est en train de tourner, en Europe comme dans le reste du monde ?

Face à la progression de l’extrême droite et aux politiques conservatrices, les populations semblent de plus en plus nombreuses à exprimer leur opposition. Partout, les citoyens se mobilisent, qu’il s’agisse de la jeunesse ou de mouvements populaires. En Europe, en France, en Belgique, en Italie ou encore en Albanie, les contestations se multiplient. On observe également des mouvements de révolte sur le continent africain, notamment portés par la jeunesse étudiante.
Oui, en Afrique, notamment en République du Congo, où les étudiants sont excédés par les pénuries d’électricité croissantes. Ils passent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans le noir complet, ce qui complique considérablement leurs conditions d’éducation.
En Gambie, les étudiants gambiens manifestent, comme les étudiants congolais, pour une amélioration de leurs conditions de vie et d’études, réclamant des ressources essentielles comme de la nourriture et de l’eau potable.
Cette jeunesse, qui représente l’avenir et constitue une force essentielle pour les pays, semble aujourd’hui dire stop à des années de précarité sociale et économique. Elle refuse de continuer à subir des politiques qui compromettent son avenir.
Alors, ce vent qui tourne pourrait-il annoncer un véritable changement politique ? Pourrait-il aller jusqu’à influencer l’élection présidentielle française de 2027 ?
Après plus de dix ans de macronie et de politiques majoritairement ancrées à droite, l’élection d’un candidat de gauche à la tête du pays est-elle encore envisageable ?

Une France qui, à moins de huit mois de son élection présidentielle, voit une montée de la gauche insoumise, notamment auprès des cadres supérieurs, mais aussi des jeunes et des étudiants. Selon une enquête Ifop-Fiducial publiée le 21 octobre 2026, Jean-Luc Mélenchon recueillerait jusqu’à 40 % des intentions de vote chez les 18-24 ans et 25 % chez les 25-34 ans, dans une configuration où Édouard Philippe serait le seul candidat du bloc central. Il atteindrait ainsi 31 % auprès des moins de 35 ans. Cette dynamique ne cesse de se ressentir dans les sondages de l’Ifop ou autre et pourrait donner le ton des prochains mois menant à l’élection présidentielle française. Une potentielle victoire de Jean-Luc Mélenchon ? Même s’il est beaucoup trop tôt pour le dire.
Et si cette dynamique mondiale était finalement le signe d’un nouveau réveil politique et populaire ?
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