Mobilisation lycéenne : La cacophonie

10/26/2026

Après plusieurs semaines de blocus et de manifestations, le gouvernement a annoncé ce lundi 26 octobre une série de mesures pour répondre à la colère des lycéens et des étudiants. Mais la journée a été marquée par une polémique sur la méthode, des annonces contradictoires autour de Parcoursup et le maintien des appels à la mobilisation.‍

Dans la matinée, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu huit influenceurs et créateurs de contenus spécialisés dans l’éducation à Matignon, avant les organisations lycéennes et étudiantes. À leur sortie, plusieurs mesures ont été dévoilées sur les réseaux sociaux, avant même la conférence de presse officielle des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Cette décision a provoqué la colère des syndicats, qui dénoncent une forme de mépris envers les organisations mobilisées depuis plusieurs semaines et regrettent de ne pas avoir été consultées avant la diffusion des annonces.

Parcoursup au cœur des annonces et de la confusion

Le gouvernement prévoit une première évolution de Parcoursup dès 2027, notamment pour améliorer la transparence des critères de sélection, avant un possible remplacement en 2028. Mais contrairement à ce qui a circulé dans la journée, la disparition de la plateforme n’est pas encore définitivement actée : le ministère précise que son avenir dépendra notamment des travaux à venir.

Le gouvernement a également annoncé 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde dans les lycées les plus défavorisés, avec une généralisation prévue en 2028, ainsi que l’annulation des 836 suppressions de postes d’enseignants prévues au budget 2027 et la création de 500 postes supplémentaires dans les lycées.

D’autres mesures concernent la rénovation des établissements, l’indexation des bourses étudiantes sur l’inflation et l’ouverture de discussions sur le contrôle continu au baccalauréat et l’organisation des emplois du temps.

Le SNES-FSU dénonce des annonces encore floues

Le SNES-FSU, syndicat des enseignants du second degré, dénonce la confusion qui a entouré les annonces, notamment sur Parcoursup. Selon le syndicat, le ministère a précisé que la plateforme ne pouvait pas être considérée comme définitivement supprimée à la rentrée 2028 : son avenir dépendra des conclusions des travaux engagés.

Le syndicat estime également que les mesures annoncées restent insuffisantes au regard des revendications des personnels et des jeunes, notamment sur les moyens accordés à l’éducation, les recrutements et les conditions d’enseignement. Il appelle à poursuivre la mobilisation.

Les syndicats maintiennent la pression

Les organisations lycéennes et étudiantes jugent les annonces insuffisantes. Elles réclament notamment davantage de moyens humains et financiers pour les établissements, une amélioration des conditions d’études, des recrutements et la fin de la sélection via Parcoursup.

Plusieurs organisations appellent à poursuivre la mobilisation le samedi 31 octobre et à participer à la journée de grève du jeudi 5 novembre.

Malgré les annonces du gouvernement, la contestation se poursuit donc. La journée du 26 octobre aura surtout mis en évidence un désaccord persistant entre l’exécutif et les organisations qui portent les revendications de la jeunesse, tant sur le fond des mesures que sur la manière dont elles ont été annoncées.

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