EDITO : Un échec présidentiel, une victoire pour LFI, une épreuve pour la gauche démissionnaire

3/16/2026

Edito du 16 Mars 2026 :

Le 15 mars 2026 avaient lieu en France les élections municipales. Pour la première fois depuis sa création, La France insoumise se maintient dans la quasi-totalité des mairies pour le second tour, arrivant parfois en tête, comme à Roubaix et Limoges, ou au coude-à-coude pour la première place à Lille.  

À Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, LFI l’emporte même dès le premier tour, avec plus de 50 % des voix, grâce à Bally Bakayoko face au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin.

Bally Bakayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis


Après des semaines et des semaines de LFI-bashing, quelle ne fut pas la surprise des éditorialistes et des différents commentateurs politiques lorsque LFI s’en est sorti beaucoup mieux que prévu, comme à Lille, où la candidate LFI Lahouaria Addouche est au coude-à-coude avec le successeur PS de Martine Aubry, Arnaud Deslandes, avec respectivement 23,36 % et 26,26 %.

Il semblerait que la politique de terrain fonctionne, notamment pour LFI, et que cette campagne de proximité prenne le pas sur la désinformation constante, le bashing et même la diabolisation de La France insoumise, une diabolisation qui contribue pourtant à la normalisation du Rassemblement national.

Pour l’heure, Renaissance est en totale décadence, perdant de nombreuses mairies et n’étant plus la boussole du pays. À Bordeaux, le macroniste Thomas Cazenave (25,58 %) est devancé par le maire écologiste sortant Pierre Hurmic (27,68 %).  Cette élection confirme que nous assistons progressivement à la chute définitive de la macronie. evoir civique mais aussi l’import pour chaque politique français qui se présente dans une mairie dans une municipalité, l’importance du bien-être des Français.

Au lendemain de ce premier tour, quel bilan peut-on dresser ?

On peut dire que, parmi les différentes forces politiques en présence, LFI semble la plus responsable : dès l’annonce des résultats et des différentes triangulaires , voire quadrangulaires, qui se mettent progressivement en place, La France insoumise, par la voix de Manuel Bompard, a appelé à la « mobilisation » contre le « danger » que représenterait la victoire de l’extrême droite, tendant la main aux autres listes pour « permettre partout où la droite et l’extrême droite menacent la constitution d’un front antifasciste au second tour ».

Pendant ce temps, Olivier Faure, numéro un du Parti socialiste, opte pour le refus systématique d’un accord avec LFI au niveau national, oubliant le risque de voir de nombreuses villes basculer à l’extrême droite.

Peu de responsables politiques de gauche semblent mesurer la réelle gravité de ce qui se joue en ce moment. Marine Tondelier, Clémentine Autain ou encore Sandrine Rousseau semblent être les seules élues de gauche non-LFistes à prendre conscience de la gravité de la situation et de ce à quoi la France pourrait bientôt être soumise. Elles ont toutes trois rappelé l’importance d’une alliance de toutes les gauches pour barrer la route à l’extrême droite. Cette idée de cordon républicain, qui allait de soi il y a quelques années, semble aujourd’hui totalement désavouée par la plupart des élus de gauche, qui privilégient des querelles politiciennes au détriment des Français eux-mêmes, ayant pour seul horizon l’élection présidentielle de 2027, et oubliant les enjeux portés par les municipales de 2026 ainsi que leur impact sur cette même présidentielle.

À Nice, Éric Ciotti (UDR, soutenu par le Rassemblement national) est arrivé largement en tête avec 43,43 % des suffrages, devant le maire sortant Christian Estrosi (Horizons), crédité de 30,92 %.  Ce résultat fait peser la possibilité, s’il est élu, d’une alliance plus large entre le Rassemblement national et une droite LR brouillant complètement la frontière entre droite républicaine et extrême droite.

La campagne du second tour reprend. Il reste sept jours à la gauche pour se mobiliser et faire primer l’intérêt des Français sur les intérêts partisans. Il reste une semaine à la France avant de savoir si elle bascule réellement vers l’extrême droite.

Cette semaine électorale risque d’être mouvementée. Mais le plus important est de rappeler l’importance du vote, l’importance du devoir civique, et l’importance, pour chaque responsable politique qui se présente dans une municipalité, de placer le bien-être des Français au cœur de son engagement.