Dans la nuit du 16 au 17 mars 2026, à Noisiel (Seine-et-Marne), deux jeunes auraient été violentés par des policiers, sans raison apparente. Selon des témoins, les agents auraient proféré des insultes et menaces, criant notamment : « Vous voulez jouer ? On va vous enc*ler, vous allez voir ! ».
Dans la nuit du 16 au 17 mars 2026, à Noisiel (Seine-et-Marne), deux jeunes auraient été violentés par des policiers, sans raison apparente. Selon des témoins, les agents auraient proféré des insultes et menaces, criant notamment : « Vous voulez jouer ? On va vous enc*ler, vous allez voir ! ». L’un des policiers aurait laissé échapper une grenade lacrymogène, qui aurait explosé au niveau de la tête d’un jeune homme déjà maîtrisé au sol, avant de le frapper à plusieurs reprises au visage.
À la suite de ces violences présumées, la mairie de Noisiel a publié un communiqué commun dénonçant une « attaque particulièrement grave contre le poste de police municipale », survenue aux alentours de 23 heures. Selon la version municipale, la police n’aurait fait que « défendre le poste » et « sécuriser la zone » après une attaque au mortier.
La mairie évoque également une possible tentative de représailles liée à l’interpellation, plus tôt dans la soirée, d’un individu suspecté de trafic de stupéfiants. Une manière, selon certains observateurs, de présenter les jeunes victimes comme liées à un contexte criminel, légitimant ainsi la réaction violente des forces de l’ordre.
Le communiqué ne comporte toutefois aucun mot à l’égard des personnes visibles sur la vidéo publiée dans la nuit du 16 au 17 mars, qui montrerait au moins un jeune frappé au sol par des policiers. La mairie se contente d’indiquer que le procureur de la République a été saisi et affirme « faire toute la lumière sur les faits », tout en réaffirmant son soutien « plein et entier » aux forces de l’ordre.
Comme après chaque affaire similaire, les institutions expriment leur appui à la police, en minimisant souvent la parole des victimes présumées.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants des quartiers concernés livrent une version radicalement différente des événements. Certains affirment que les deux jeunes pris pour cibles n’avaient aucun lien avec un trafic de stupéfiants : l’un d’eux aurait été pris à parti alors qu’il sortait simplement d’un snack.
Plusieurs vidéos publiées durant la nuit montrent des policiers frappant un homme au sol, puis le traînant hors du champ de la caméra, visiblement blessé par un tir de LBD.
La sœur de l’une des victimes a pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer la situation dans laquelle se trouve son petit frère, dont elle n’a aucune nouvelle depuis les faits. Elle rappelle qu’il est mineur, qu’il a des problèmes de santé, et qu’en voyant les vidéos où on le voit frappé, la tête au sol, sous les tirs de flash-ball et les charges policières, elle estime qu’« il pourrait y passer ». Elle dénonce aussi le silence total de la police et des hôpitaux, qui ne donnent aucune information à la famille, alors même que ses parents sont déjà en état de choc. Elle accuse la police et la BAC de ne pas respecter la loi, de se croire tout permis sous prétexte de leur statut, et explique qu’elle compte porter plainte dès qu’elle aura des nouvelles des blessures de son frère, afin que justice soit rendue.
De plus en plus de voix s’élèvent à Noisiel pour dénoncer des violences policières récurrentes. Des habitants parlent de « policiers qui sèment la terreur dans les quartiers », tabassent des mineurs et les envoient à l’hôpital « dans l’indifférence générale ». Plusieurs rappellent qu’à Torcy, il y a moins d’un mois, des scènes similaires avaient déjà eu lieu.
Ces faits relancent le débat sur l’institution policière et la nécessité d’une réforme en profondeur.
Selon un rapport de l’ONG Flagrant Déni, publié en novembre 2025, le nombre d’affaires ouvertes pour violences policières aurait augmenté de près de 59% entre 2016 et 2024, passant d’environ 700 à plus de 1 100 cas par an. Pendant cette période, le taux d’élucidation de ces affaires aurait chuté de 25%.
Depuis 2018, le site violences-policieres.fr recense plus de 8 000 témoignages de victimes d’actes commis par les forces de l’ordre en France.
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