65 ans après l’assassinat de Patrice Lumumba

1/17/2026

EDITO - Aujourd’hui, cela fait 65 ans que Patrice Emery Lumumba a été exécuté.

Le 17 janvier 1961, après avoir été transféré au camp militaire de Thysville (aujourd’hui Mbanza-Ngungu), puis à Élisabethville (Lubumbashi), Patrice Lumumba est fusillé. Lors de sa fuite, il était accompagné de ses compagnons de lutte Maurice Mpolo et Joseph Okito. Tous trois sont arrêtés, torturés au Katanga par Moïse Tshombé et ses hommes, avant d’être exécutés.

Cette exécution a élevé Patrice Emery Lumumba au rang de martyr, mort pour ses convictions, pour l’indépendance réelle et la souveraineté du Congo.

En juin 2022, le retour en République démocratique du Congo de la dent en or de Lumumba, seul vestige de son corps , a donné lieu à des cérémonies d’hommage à travers le pays. Ce moment symbolique a permis à une partie de la population congolaise de se recueillir et de renouer avec une mémoire longtemps confisquée.

Mais en novembre 2024, le mausolée de Lumumba a été vandalisé, provoquant une vive indignation nationale. Des images ont circulé montrant une porte vitrée brisée et l’accès forcé à la chambre où repose le cercueil. Face à cet acte, la ministre de la Culture, Yolande Elebe Mandembo, a annoncé l’ouverture d’une enquête.

À la même période, Juliana Lumumba, fille de l’ancien Premier ministre, a témoigné auprès de la BBC. Elle a tenu à rassurer en précisant que la dent de son père n’était pas présente lors de l’effraction. Malgré cela, elle a exprimé « de la colère et de la tristesse », dénonçant un profond manque de respect envers la mémoire de son père.

Soixante-cinq ans ont passé depuis la mort du héros national. Soixante-cinq ans que Lumumba n’est plus. Et pourtant, son rêve d’un Congo uni, libre et souverain semble s’éloigner chaque jour davantage.

La République démocratique du Congo reste prisonnière de faux-semblants, de jeux d’influence, de pressions venues de l’extérieur comme de l’intérieur. Depuis plus de vingt ans, le pays se fait piller ses richesses pendant que près des trois quarts de sa population vivent sous le seuil de pauvreté. Un Congo affaibli politiquement sur la scène internationale, incapable de s’imposer face aux grandes puissances occidentales et aux intérêts étrangers. Un Congo souvent tourné en dérision, réduit à un rôle de figurant, qui subit plus qu’il n’agit.

Un Congo qui semble parfois plus prompt à signer des contrats de communication , jusqu’à inscrire « Visit RDC » sur des maillots de clubs étrangers, qu’à défendre sa souveraineté, sa population et sa dignité.

Le Congo rêvé par Lumumba paraît aujourd’hui lointain. Et l’on en vient à se demander ce qu’aurait été ce pays si son héros national n’avait pas été assassiné, s’il avait pu mener jusqu’au bout son combat, s’il n’avait pas payé de sa vie le prix de ses convictions.