CAN 2025 : l'édition paradoxale, entre records d'affluence et désillusions sportives

1/28/2026

Clap de fin pour une CAN 2025 historique au Maroc. Les Lions de la Téranga ont offert au peuple sénégalais son deuxième titre continental, ce dimanche 18 janvier 2026 à Rabat, en s’imposant (1-0) face au pays organisateur, sur un but inscrit en toute fin de rencontre. Une finale au suspense insoutenable pour toute la planète football, qui vient couronner un mois de compétition au double visage.

Une finale pour le meilleur et pour le pire

Cette finale de la CAN s'inscrira dans l'histoire du football africain pour son scénario hors norme. Sur le plan tactique, les Sénégalais ont d'emblée imposé leur rythme et leur physique, créant les occasions les plus nettes. Si les Marocains ont réagi après la pause, c'est dans les ultimes minutes qu'une succession d'incidents a précipité le match vers un dénouement chaotique et mémorable. Le point de rupture survient à la 92e minute, lorsqu'un but sénégalais est annulé pour une faute jugée très contestable sur Achraf Hakimi. Cinq minutes plus tard, l'arbitre siffle à l'autre bout du terrain un penalty pour le Maroc après un contact sur Brahim Diaz, validé par la VAR. Cette décision met le feu aux poudres, l'équipe du Sénégal quitte le terrain en signe de protestation, et c’est grâce à Sadio Mané que l’équipe sénégalaise reviendra sur la pelouse plus motivé que jamais.

Alors qu'une pluie battante s'abat sur Rabat, la tension sur le terrain devient surréaliste : des joueurs marocains s'emparent de la serviette du gardien Édouard Mendy pour l'empêcher de sécher ses gants, déclenchant une mêlée où même son remplaçant, Yehvann Diouf, est projeté au sol par des ramasseurs de balles. En tribunes, la colère des supporters sénégalais se transforme en violence ; ils tentent d'envahir la pelouse et s'attaquent physiquement aux stadiers, frappant à coups de chaises. Selon Foot Mercato, l'un d'eux, évacué sur civière, aurait eu la mâchoire fracturée par un coup de ventilateur. La zone de presse n’y a pas échappé, une bagarre à éclaté entre journalistes des deux pays. À noter : les autorités marocaines ont par la suite  démenti les rumeurs concernant un potentiel décès parmi le personnel de sécurité qui avait été propagé par un média marocain.

Un verdict sans appel du terrain

La CAN 2025 au Maroc, pourtant impeccablement organisée, n'a malheureusement pas tenu ses promesses sur le terrain, offrant un plateau sportif globalement décevant. Le niveau de jeu a rarement atteint les sommets espérés, seuls les chocs Cameroun-Côte d'Ivoire en poules et Égypte-Côte d'Ivoire en quarts se distinguant par leur intensité. On remarque la présence des Éléphants dans ces deux affiches qui ont globalement répondu présent en faisant honneur à son statut de champion d’Afrique. Le tournoi a cruellement manqué de frissons et d'équipes surprises, à l'image du Cap-Vert ou de l'Angola en 2024, et a même été parsemé de rencontres d'une pauvreté technique frappante, à l'instar du huitième de finale entre le Mali et la Tunisie, d'une lenteur et d'une maladresse désespérantes.

L’arbitrage, qui fut le fil rouge polémique de la compétition, n'a pas été à la hauteur, commençant par un VAR en panne lors de RDC-Bénin et alimentant les contestations, notamment autour du parcours du Maroc, bénéficiant de penalties non sifflés pour le Cameroun et la Tanzanie en fin de rencontre. Toutes ces tensions durant la compétition, ont culminé dans la finale chaotique entre le Sénégal et le Maroc, marquée par des décisions arbitrales ultra-contestées et des incidents graves, validant les critiques virulentes de joueurs comme Bertrand Traoré, qui avait directement attaqué « l'incompétence » du corps arbitral après la défaite du Burkina Faso face à l’Algérie. L'édition laissera ainsi le souvenir paradoxal d'un succès logistique mais d'un échec cuisant au niveau sportif, surtout par rapport aux attentes.

Une édition aux reflets contrastés

Au-delà des polémiques qui ont terni l'image du football africain sur le plan sportif, la CAN 2025 restera malgré tout dans les esprits  comme une édition marquée par une organisation de haut niveau et une ferveur populaire au rendez-vous. Le pays a réussi son pari en présentant des infrastructures modernes et des pelouses d'une qualité exceptionnelle, démontrant sa capacité à accueillir des compétitions internationales. Mission réussie pour le Maroc qui accueillera la Coupe du Monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal.

Malgré des stades parfois clairsemés en phase de poule, cet écrin a été rempli comme jamais auparavant : avant les demi-finales, la compétition avait déjà attiré plus de 1,116 million de spectateurs dans les stades, un record absolu en trente-cinq éditions qui a encore augmenté par la suite. Cette atmosphère électrique a été portée par des supporters devenus des icônes de cette CAN, à l'image de ce supporter de la RDC déguisé en Patrice Lumumba, dont le parcours et le geste – rester debout en levant la main pour rendre hommage au symbole de la lutte décoloniale – ont marqué les esprits. Il a ensuite été officiellement invité par la Fédération Algérienne de Football à rencontrer les joueurs des Verts. La compétition a malgré tout offert son lot de suspense, comme lors du huitième de finale entre l'Algérie et la République Démocratique du Congo. Dans un match tendu et stérile pendant plus de cent-dix minutes, c'est l'Algérien Adil Boulbina qui a libéré les siens d'une frappe puissante à la 119e minute, offrant une qualification in extremis.