Harcèlement scolaire : la mort de Camélia, 17 ans, relance la question de la prise en charge des élèves

1/22/2026

Mardi 13 janvier, Camélia, 17 ans, s’est jetée sous un RER à la gare de Villeparisis–Mitry-le-Neuf, après avoir dénoncé le harcèlement scolaire qu’elle subissait. Depuis, quatre enquêtes ont été ouvertes et la question de la prise en charge réelle des enfants et des lycéens par le corps professoral et les cercles éducatifs se pose de plus en plus.

Camélia, 17 ans, victime de harcèlement scolaire

Mardi 13 janvier, Camélia, 17 ans, s’est jetée sous un RER à la gare de Villeparisis–Mitry-le-Neuf, après avoir dénoncé le harcèlement scolaire qu’elle subissait.

Lycéenne au lycée Honoré-de-Balzac à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), Camélia avait raconté à sa mère en décembre le calvaire qu’elle vivait depuis un an au sein de son établissement scolaire. Son oncle, Salim, a rapporté au Parisien que le comportement de l’adolescente « avait changé » et qu’elle disait « qu’il y avait des rumeurs sur elle (…), qu’elle était victime de brimades, surtout dans la classe et dans les couloirs ».

Une situation que la famille affirme avoir signalée au corps professoral, avec des retours jugés assez rapides. Mais la mère de Camélia affirme aux policiers que, malgré la convocation des élèves mis en cause, « la situation ne s’était pas améliorée » après la rentrée de janvier.

« Il a dit que je me victimise »

Selon les SMS que Camélia a envoyés à sa mère, elle aurait été convoquée la veille de sa mort, puis le jour même, par le proviseur. Lors de la convocation du 13 janvier, selon ce qu’elle écrit à sa mère, le proviseur lui aurait dit : « Il a dit que je me victimise ». S’en est suivi un message d’amour qui sera le dernier message que Camélia enverra à sa mère : « Je t’aime et t’es la meilleure maman du monde ».

Quatre enquêtes pour comprendre les circonstances du drame

La mort de Camélia a suscité une vive émotion, aussi bien parmi les élèves de l’établissement que sur les réseaux sociaux.

Depuis, quatre enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Meaux. Les deux premières visent à déterminer les causes de la mort ainsi qu’à faire la lumière sur la question du harcèlement scolaire. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé, vendredi 16 janvier, qu’une enquête administrative avait été ouverte et confiée à « l’Inspection générale de l’éducation nationale, du sport et de la recherche ».

La quatrième enquête porte sur un possible « harcèlement moral » subi par « des élèves susceptibles d’être impliqués dans les faits subis par la défunte », détaille le parquet. Le procureur a par ailleurs émis une mise en garde face à « une possible instrumentalisation de ces faits humainement dramatiques ».

Des chiffres alarmants sur le harcèlement scolaire

Le suicide de Camélia intervient alors que Santé publique France (SPF) vient de publier, le 22 janvier, une étude sur le harcèlement scolaire concernant les enfants âgés de 6 à 11 ans, révélant que 16 % d’entre eux sont probablement victimes de harcèlement. En novembre 2025, on apprenait déjà que près de 17 % des lycéens et collégiens étaient victimes de harcèlement scolaire, selon le baromètre mené par l’Ifop pour l’association Marion la main tendue et Head & Shoulders, à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école.

Ces chiffres mettent en exergue la question de la prise en charge réelle des collégiens et lycéens par le corps éducatif au sein des différents établissements. Ils posent également la question des dispositifs mis en place par l’Éducation nationale pour lutter concrètement contre le harcèlement scolaire. Les différents témoignages recueillis, que ce soit au sein de la famille de Camélia ou parmi les élèves du lycée Honoré-de-Balzac, montrent qu’il y aurait eu une défaillance.

Quand le silence collectif devient dangereux

Comment dissocier des « blagues » entre enfants ou lycéens d’un réel harcèlement répété ? Dans un univers où les faux-semblants sont fréquents, où les élèves, enfants, collégiens, lycéens, sont habitués à porter un masque, quels sont les éléments clés pour détecter les harceleurs ? Comment permettre à la majorité des élèves de prendre conscience de leur part de responsabilité lorsqu’un camarade est harcelé ?

Car ne pas être directement harceleur ne signifie pas ne pas participer au harcèlement, et donc, par conséquent, à la mise en danger de la vie d’autrui.

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Si vous avez des pensées suicidaires, si vous êtes en détresse ou si vous souhaitez aider une personne en souffrance, il existe plusieurs services d’écoute anonymes et gratuits. Le numéro national 3114 est joignable 24h/24 et 7j/7 et met à disposition des ressources sur son site.

L’association Suicide Écoute propose un service similaire au 01 45 39 40 00.

D’autres numéros, notamment dédiés aux plus jeunes, sont disponibles sur le site du ministère de la Santé. Le ministère propose également une page consacrée à la formation pour repérer, évaluer et intervenir.

Vous trouverez enfin des informations complémentaires sur le site de l’Assurance maladie.